PISCCA 2018 : liste des associations et projets sélectionnés

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Dans la continuité du succès de la première année du programme PISCCA (Projets Innovants de la Société Civile et des Coalitions d’Acteurs) au Maroc en 2017, l’Ambassade de France au Maroc a lancé en février dernier la seconde tranche du programme destiné à soutenir des associations ayant peu accès aux financements internationaux. Cet appel à projets a pour objectif d’aider des petites associations locales à se structurer et à mener des projets sur leurs territoires, projets qui leur permettront de faire valoir leurs compétences localement et nationalement.

Le comité de sélection a retenu 10 projets. Toutes les associations soutenues par ce programme se réuniront à l’Ambassade de France au courant de l’automne.

1) OUAOURINT POUR LE DÉVELOPPEMENT ET LA COOPÉRATION (Ville : AZILAL)

Extension et appui à la durabilité d’un projet pilote de gestion intégrée des déchets ménagers axée sur le compostage collectif.

L’association Ouaourint pour le développement et la coopération a fait état d’un déficit de gestion des déchets dans son village d’Imdahen et cherche des solutions pour mettre un place un système de compostage collectif et de valorisation sur site des ordures ménagères. L’expérience pilote de mise en place d’un site de compostage collectif financée par l’INDH fut réussie. La subvention PISCCA permettra de doter le village de trois nouveaux composteurs collectifs pour couvrir tout le village et renforcer simultanément la durabilité du projet en y greffant une micro-activité génératrice de revenus. Il s’agit d’un projet intégré, durable et concret impliquant la population de tout le village, selon le principe d’une action collective. Au-delà des 1320 habitants qui bénéficieront directement du projet, celui-ci permettra la sensibilisation des décideurs aux modes de gestion alternatifs des déchets ménagers en zone rurale et dans les villages inaccessibles pour les services communaux de collecte.

2) AGORA POUR LA CREATION (Ville : KHÈNIFRA)

La caravane culturelle "Tolérance 1".

Face à la recrudescence de manifestations de formes d’extrémisme au sein de la région, l’association Agora pour la création, basée à Khenifra, sensibilise aux phénomènes de radicalisation et de l’intolérance sous toutes leurs formes, qu’il s’agisse d’extrémisme religieux ou d’extrémisme ethnique, à travers des moyens artistiques et créatifs. Avec l’appui du programme PISCCA, l’association crée une caravane culturelle qui propose des pièces de théâtre et des improvisations faisant participer le public, avec pour objectif de parler et faire parler d’extrémisme, d’intolérance religieuse ou de racisme. Plus de 800 femmes et hommes bénéficieront du projet Les autorités et les associations locales seront impliquées à chaque étape.

3) ASSOCIATION THE MINORITY GLOBE (Ville : CASABLANCA)

L’arbre à palabres.

Alors que les idées préconçues sont encore largement répandues concernant des sujets de société importants (la condition des migrants ou le respect de l’environnement), l’association « The Minority Globe » ambitionne, à son échelle, de déconstruire ces lieux communs. Pour ce faire, avec l’aide du programme PISCCA, l’association va instaurer un lieu d’écoute et de parole : « l’arbre à palabres ». Avec l’appui d’un collectif d’artistes, cinq ateliers d’écriture prépareront une série de contes. Sous l’arbre à palabre, qui sera implanté successivement dans plusieurs quartiers de Casablanca, les contes seront ensuite lus, des représentations théâtrales auront lieues, des débats naitrons. Tout au long du projet se mêleront ainsi les habitants de plusieurs quartiers de Casablanca, issus de nationalités diverses (marocains et personnes originaires d’Etats sub-sahariens) et de divers horizons sociaux. Le groupement Anti-raciste et de Défense et d’Accompagnement des Etrangers et des Migrants (GADEM), l’association Racines pour la culture et le développement au Maroc et en Afrique ou le Théâtre Nomade apporteront leur contribution au projet.

4) MAIN DANS LA MAIN (Ville : ZAGORA)

Les bibliothèques comme une solution pour l’abandon scolaire.

En milieu oasien, les établissements scolaires sont dispersés et la poursuite des études n’a rien d’évident. L’association Main dans main est soutenue par le programme PISCCA pour encourager les élèves à aller à la rencontre de l’autre à travers les livres, la culture et le sport. En partenariat avec un établissement scolaire pilote, une bibliothèque sera créée et les élèves disposeront de créneaux réservés dans leurs emplois du temps pour y étudier, avoir accès à la documentation et lire. Une sortie au musée du cinéma de Ouarzazate permettra de s’ouvrir à la culture. Des matchs de foot seront organisés avec une association soutenue par le programme PISCCA en 2017 pour encourager la pratique du sport, et en particulier par les jeunes filles, comme source d’équilibre, de motivation et de fraternité. Sur le long terme, le projet vise à encourager la poursuite des études par tous et une plus grande participation aux affaires publiques.

5) ASSOCIATION FEMMES GZENAYA (Ville : AKNOUL)

Contribution à la diffusion des valeurs de l’égalité des sexes et des droits humains en général dans une zone reculée de la région Fès-Meknès : le cercle d’Arnoul, province de Taza.

Si au niveau national, l’approche genre est intégrée à la plupart des programmes publics ou des actions des organisations de la société civile, au niveau national, cette approche manque au niveau local. Pour pallier ce déficit, le projet vise à contribuer à la diffusion des valeurs de l’égalité et à leur effectivité dans une des zones reculées de la province de Taza : le cercle d’Aknoul. A l’issue d’un diagnostic bâti à l’échelle locale, le projet se décline en ateliers de sensibilisation dans les écoles et auprès des professeurs. Le projet vise à incorporer l’approche genre aux cours d’alphabétisation en formant par exemple la quinzaine d’« alphabétiseurs » sur les dispositions législatives relatives à l’égalité en genre, à sensibiliser une vingtaine de professeurs à l’égalité filles-garçons, et à former un vingtaine gestionnaires associatifs pour l’intégration de l’approche genre dans leurs projets. Plus de 100 élèves et 300 femmes bénéficieront ainsi des résultats du projet. Le projet est mené en partenariat avec la Direction provinciale de l’éducation nationale, la Direction provinciale de l’Entraide nationale et la Municipalité de la ville d’Aknoul sont notamment mentionnées.

6) FORUM MAROCAIN DES FEMMES (Ville : SAFI)

Sensibilisation et formation des jeunes sur les droits de femmes.

Constatant un manque de considération sociale et sociétale de la femme, dans la société en général, et en particulier à l’école, l’association « Forum Marocain des Femmes » est appuyée par le programme PISCCA pour initier les jeunes filles et les jeunes garçons à l’égalité des sexes. L’association organisera ainsi plusieurs activités : une formation des enseignants sur la gestion d’ateliers sur l’égalité, l’organisation de trois ateliers avec les élèves (droits humains, CEDAW, harcèlement sexuel), et enfin en clôture, une pièce de théâtre construite autour de ces thématiques. Le projet impliquera 20 professeurs et militants associatifs et bénéficiera à 90 élèves. La direction provinciale de l’éducation et la direction provinciale de la jeunesse et des sports seront partenaires du projet.

7) ASSOCIATION FEMININE ELKHIR (Ville : ESSAOUIRA)

Maroc-théâtre au féminin.

Dans la ville d’Essaouira, les femmes peuvent manquer de revenus et de confiances en elle. L’association féminine Elkhir les accompagne pour créer des activités génératrices de revenus. Le programme PISCCA vient développer les activités de l’association et appuie la création une troupe de théâtre féminin. Ce projet prend une dimension protéiforme : d’une part, des formations techniques et managériales sur des activités génératrices de revenus (pâtisserie, technique de ventes, formation d’une coopérative) et d’autre part, des formations et un accompagnement pour la mise en œuvre de pièces de théâtre. Après une tournée autour d’Essaouira où plus de 600 spectateurs seront sensibilisés à travers les activités de théâtre sur différentes thématiques (droits des femmes, préservation de l’environnement), la troupe participera au festival de Zagora. L’Association « Caravane Théâtre » pour la formation de la technique théâtrale, l’Office de Développement des Coopératives pour une aide à la création de la coopérative et la Chambre de Commerce d’Essaouira pour une aide en entreprenariat s’associeront au projet.

8) ASSOCIATION ECOLOGIA POUR L’EDUCATION A L’ENVIRONNEMENT (Ville : KENITRA)

Élaborer une approche pratique et interactive de l’animation d’une compagne de sensibilisation à la protection de l’environnement et aux changements climatiques à Kenitra.

Les pratiques humaines dégradent les écosystèmes de Kénitra (Merja Feouarrate , Lac Sidi Boughaba, Plage Mehdiya, Oued Sebou, forêt de Maamoura) et les locaux manquent de connaissance sur les bonnes pratiques permettant de préserver l’environnement. L’association Ecologia aspire à mettre en place des campagnes de sensibilisation efficaces. Avec l’appui du programme PISCCA, l’association Ecologia forme 25 associations environnementales et leur permet d’acquérir les connaissances, les comportements et les compétences nécessaires et indispensables à l’élaboration de campagnes de sensibilisation à la protection de l’environnement et aux changements climatiques. En outre, un guide, simple et pratique ainsi que trois supports didactiques (affiche, prospectus, brochure) seront édités pour diffuser les bonnes pratiques au sein des établissements scolaires, associations, entreprises, administrations publiques et la maisons des jeunes de Kenitra .

9) KHOUTWA (Ville : AGADIR)

Campagne de sensibilisation contre la radicalisation, le discours de haine et la discrimination au profit des mineurs des établissements de protection de l’enfance.

Au sein des établissements de protection sociale, les enfants et jeunes adultes peuvent être soumis à l’influence de mouvances extrémistes. Un usage non-régulé d’internet, associé à la vulnérabilité des adolescents sont autant d’éléments pouvant favoriser des comportements violents. L’association Khoutwa est soutenue par le programme PISCCA pour sensibiliser les jeunes ciblés par les discours de haine et ainsi, à terme, prévenir les risques de radicalisation. Le projet vise à doter les jeunes d’une grille de lecture leur permettant de décrypter les contenus des informations circulant sur internet. Pour ce faire, une série d’ateliers portant sur les risques liés à internet et la création d’un plan d’action de sensibilisation visant les établissements scolaires sont programmés. De nombreuses maisons d’étudiants locales, l’Unité de protection de l’enfance à Agadir et le Centra Tilila des enfants en situation de risque accompagneront le projet. Plus de 300 jeunes seront ainsi sensibilisés.

10) ASSOCIATION TADAMOUN POUR LE SOUTIEN DES ENFANTS EN SITUATION DIFFICILE (Ville : TANGER)

Intégrer les migrants.... Combattre l’intolérance.

Alors que l’école constitue un espace de socialisation important, les enfants issus de l’immigration sont souvent marginalisés par leurs camarades. Ainsi, l’association Tadamoun, qui opère dans des quartiers de Tanger, souhaite faire de l’école une espace privilégié de sensibilisation des jeunes aux thématiques de la tolérance, des droits de l’homme et du vivre-ensemble. Avec l’appui du programme PISCCA, le projet vient former et sensibiliser des enseignants et des parents d’élèves à la culture des droits de l’homme et à la diversité. Ce projet s’intègre dans le cadre de la Stratégie Nationale d’Immigration et d’Asile (SNIA) qui œuvre pour la mise en place de mesures favorisant l’accès et l’insertion des enfants migrants à l’école publique marocaine. Le projet s’articule autour de deux axes structurants : d’abord un cycle de deux séminaires pour les enseignants, les parents d’élèves et activistes des Droits de l’Homme autour du thème « Droits de l’Homme : Universalité, indivisibilité et interdépendance », puis l’organisation de deux séries de huit ateliers pour les enseignants et pour les parents d’élèves à Tanger et Nador. Le projet prévoit la sensibilisation de 50 enseignants et de 50 parents d’élèves à Tanger et à Nador.

Dernière modification : 16/08/2018

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